Vence s’adresse de nouveau à Jérusalem!

Posted on 17 Jan 2016 | 2 comments


Permettez-moi de revenir sur un article de David Horovitz  publié  dans  le journal israélien « Times of Israël »  daté du 1 er novembre 2015.

Le 4 novembre, j’ai publié cet article dans mon blog, en l’accompagnant de la réponse que j’ai cru, dans un premier temps, devoir  adresser à son auteur. Cette réponse  se résumait en une vive critique de la position exprimée par David Horovitz contre la politique de Mahmoud Abbas, Président de l' »Autorité palestinienne ».

Et voilà que, petit à petit, je suis tenté de faire une nouvelle interprétation de cet article  de David Horovitz .  Sans l’avoir prévu  , j’y vois, après plusieurs relectures, ce qui pourrait être une invitation à un nouveau dialogue  entre Israéliens et Palestiniens en faveur de la paix sur la  terre de Jérusalem.

C’est étrange : je suis, en quelque sorte, invité à découvrir que, au cœur même de tout conflit, se trouve, de façon plus ou moins cachée, une graine de paix.

Au delà du titre de l’article de David Horovitz, et de son caractère agressif (« Président Abbas,, dites à votre  peuple d’arrêter de nous poignarder« ) je relis ce passage :

« L’ironie, Président Abbas, c’est que la plupart d’entre nous veulent accompagner votre peuple vers la création d’un Etat. Nous ne voulons pas vous dominer. Nous savons que pour vous, c’est une terrifiante façon de vivre. Et vous l’imposer nous corrompt. Nous ressentons un lien historique et vibrant avec la Judée et la Samarie bibliques, mais la plupart d’entre nous préfèrent avoir un Israël plus petit qui dispose d’une majorité juive et de la pleine égalité à un plus grand Israël, englobant la Cisjordanie, qui perd son caractère juif et sa démocratie, ou les deux.

Ce n’est pas que nous adorons et embrassons la vision du monde de notre Premier ministre, dont le mandat est sans cesse renouvelé. La plupart d’entre nous n’acceptent pas avec résignation sa sombre prédiction rapportée au Comité du ministère des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, la semaine dernière, selon laquelle « Israël devra vivre par l’épée pour toujours.

 

Nous allons certainement vivre par l’épée, aussi longtemps qu’il le faudra, mais nous préfèrerions ne pas avoir à le faire. Nous aimerions beaucoup ne pas envoyer nos enfants sur les lignes de front pour nous protéger, génération après génération. Beaucoup d’entre nous pensent que nous pourrions faire beaucoup pour impulser un climat dans lequel la paix serait moins risquée, pour aider à entamer le long processus de réconciliation et de tolérance qui, peut-être, un jour, pourrait nous permettre pacifiquement de partager cette terre ensanglantée. »

Finalement, je suis tenté de croire que ce texte exprime ce que pense la majorité des  Israéliens. Malheureusement, cette majorité n’est pas, aujourd’hui, en mesure d’amener le gouvernement d’Israël à mettre en œuvre  ce qu’elle souhaite (même si ce souhait – il faut le reconnaître –  n’est pas clairement exprimé…)

C’est donc à la communauté internationale d’agir dans ce sens. Seule l’ONU peut mener à bien cette tâche. Tous ceux qui considèrent comme possible, et comme nécessaire, la création en Cisjordanie d’un Etat Palestinien capable de gérer utilement son destin, doivent donc tout faire pour convaincre les membres de l’ONU d’entreprendre cette création.

Ce que l’on peut entendre par « un Etat Palestinien capable de gérer utilement son destin », c’est un Etat qui  ait les moyens, civils et militaires, de faire respecter l’ordre, et renoncer à la violence, sur son propre sol, comme sur celui de son voisin. Seul un tel Etat peut permettre un réelle sécurité des deux côtés de la frontière entre Israël et son futur voisin , l’Etat Palestinien.

Et ne l’oublions pas : la sécurité d’Israël est l’une des conditions de la sécurité de notre Monde.

Je viens d’adresser,  le 13 janvier dernier, un courriel dans ce sens à David Horovitz. Peut-être recevrai-je une réponse…

J’éprouve, en attendant, le besoin de confier à mon blog cette fragile tentative d’écouter ce que Vence et Jérusalem ont peut-être encore à se dire.

Merci à tous ceux qui pourraient juger utile de participer à ce possible dialogue. Je suis à l’écoute de leurs éventuelles remarques, s’ils veulent bien m’en faire part.

 

Pierre Marchou

 

 

2 Comments

  1. Quelques questions peuvent apparaître plus importantes que les réponses.
    L’organisation des Nations unies a – t – elle aidé une seule fois, de manière probante, à résoudre le conflit ? Cela serait formidable. Si…..
    les deux parties ne devraient-elle pas dialoguer ensemble sans discontinuité ? Sans préjugés ?
    Quelques parcelles de territoires , pour chacune des parties, valent telles ces assassinats de civils, d’enfants, de personnes âgées ?
    Le monde musulman ne devrait-il s’interroger, en priorité, et pour son respect, sur cette statistique : 80 % des victimes du terrorisme sont des musulmans, victimes de leurs frères, et non pas des occidentaux, des Américains ou des Israéliens !
    et le monde arabe et le monde musulman ne peut-il pas et ne veut -il nous apporter des choses considérables ?
    Ses traditions ne sont-elles pas pleinement intégrées, malgré quelques divergences, dans ce qu’on appelle la tradition judéo-chrétienne ?
    Ne serions-nous pas heureux d’entendre parler désormais de tradition : Islamo–judéo-chrétienne ?
    Ses chants , Ses musiques,ses traditions culinaires ne ont-ils pas repris dans le monde entier ?
    À chacun d’y répondre. Bien amicalement.

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  2. BRAMI
    18 janvier 2016
    « Quelques questions peuvent apparaître plus importantes que les réponses, » dites-vous.

    Certes, mais les réponses, méritent cependant d’être tentées.

    1 ère question : L’organisation des Nations unies a – t – elle aidé une seule fois, de manière probante, à résoudre le conflit ?

    Oui, l’aide de l’ONU s’est manifestée, le 29 novembre 1947, en décidant la création de deux Etats, l’un pour les Juifs, l’autre pour les Palestiniens. Le premier Etat a été créé en 1948 : Israël. Par contre, 70 ans plus tard, l’Etat Palestinien reste à créer. Il est nécessaire de s’interroger sur le long silence de l’ONU. Car ce silence est explicable, sans être pour autant justifié.

    2 – ème question : Les deux parties ne devraient-elle pas dialoguer ensemble sans discontinuité ? Sans préjugés ?

    Oui. Le dialogue entre Israéliens et Palestiniens est indispensable. Mais ces deux peuples ne sont pas, aujourd’hui, entièrement maîtres de leur destin. Seule l’ONU peut organiser , dans des conditions pacifiques et démocratiques, l’Etat Palestinien qui reste à créer.

    3 – ème question : Quelques parcelles de territoires , pour chacune des parties, valent-t-elles ces assassinats de civils, d’enfants, de personnes âgées ?

    Certainement pas. Mais si l’on souhaite mettre fin à cette guerre larvée qui sévit en ce moment sur la terre de Jérusalem, il faut faire en sorte d’assurer la sécurité d’Israël en permettant la création, le long de sa frontière d’un Etat Palestinien réellement maître de son territoire ( comme il est indiqué dans l’article qui vient d’être publié dans ce blog).

    4- ème question : Le monde musulman ne devrait-il s’interroger, en priorité, et pour son respect, sur cette statistique : 80 % des victimes du terrorisme sont des musulmans, victimes de leurs frères, et non pas des occidentaux, des Américains ou des Israéliens ! Et le monde arabe, le monde musulman, ne peut-il pas et ne veut -il nous apporter des choses considérables ? Ses traditions ne sont-elles pas pleinement intégrées, malgré quelques divergences, dans ce qu’on appelle la tradition judéo-chrétienne ? Ne serions-nous pas heureux d’entendre parler désormais de tradition : Islamo–judéo-chrétienne ? Ses chants , ses musiques, ses traditions culinaires ne ont-ils pas repris dans le monde entier ?

    La réponse est  » oui ! « , bien évidemment. Et chaque homme, chaque femme de bonne volonté, sont appelés à se prononcer personnellement dans ce sens.

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