Un silence dangereux pèse sur la communauté internationale

Posted on 10 Sep 2018 | 0 comments


Il faut briser ce silence et rappeler un fait qui constitue une grave menace pour notre monde : cinq millions de personnes vivent aujourd’hui dans 59 camps de réfugiés situés en Jordanie, au Liban, en Syrie, dans la bande de Gaza, en Cisjordanie, en Egypte et en Irak.

Ces réfugiés sont des Palestiniens et des descendants de Palestiniens dont le lieu de résidence était la Palestine, entre juin 1946 et mai 1948, et qui ont perdu leur domicile en raison du conflit israélo-arabe de 1948. Et il faut bien noter que ce domicile était souvent une modeste exploitation agricole.

Un « Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche Orient » ( UNRWA ) a été créé par la Résolution 302 (IV) de l’Assemblée Générale des Nations-Unies en date du 8 décembre 1949. Son but était – et reste encore aujourd’hui – de répondre aux besoins essentiels des réfugiés palestiniens en matière de santé, d’éducation, d’aide humanitaire et de services sociaux.

Le dernier budget de l’UNRWA dont nous avons connaissance est celui de 2008. Il se monte à 1 122 millions de dollars. Les principaux apports financiers viennent des Etats-Unis, de l’Union Européenne, de l’Arabie Saoudite et du Royaume-Uni.

Et il faut rappeler que les bénéficiaires de cette aide vivent dans les 59 camps mentionnés plus haut.

ll est donc urgent que la communauté internationale sorte de son silence concernant ces millions de personnes que nous voyons vivre sous la tente.

Et il faut bien noter que, en annonçant, le 4 décembre 2017, la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de l’Etat juif, les Etats-Unis n’ont pas, pour autant, pris position sur la question du statut final de la Cisjordanie. Ils ont cependant déclaré que les Etats-Unis soutiendraient une solution à deux Etats.

Dès lors, on peut se poser la question de savoir où en est, aujourd’hui, le projet de créer un Etat Palestinien.

L’ « Autorité Palestinienne », instituée en 1994 dans le cadre de ce que l’on a appelé les Accords d’Oslo, est censée préfigurer un Etat Palestinien. Depuis 2005 elle est dirigée par Mahmoud Abbas. Elle concerne le territoire de la Cisjordanie.

Cela dit, il faut constater que cette « Autorité Palestinienne » ne dispose d‘aucune force civile ou militaire susceptible de faire respecter ses décisions. C’est dans ces conditions que des individus incontrôlés , en 2015 , ont organisé , en Cisjordanie, des tirs de missiles destinés à détruire des constructions civiles en Israël. L’ « Autorité Palestinienne » ne disposait, répétons-le, d’aucun moyen civil ou militaire pour empêcher ces attentats. Et c’est donc l’Etat d‘Israël qui est intervenu, légitimement, sur le territoire théoriquement gouverné par l’Autorité Palestinienne, pour mettre fin à ces agressions.

Palestiniens, mais séparés de la Cisjordanie par un mur, les habitants de Jérusalem-est se sentent souvent les « laissés pour compte » d’une administration palestinienne peu intéressée par leur situation. En Cisjordanie 70% des personnes interrogées souhaitent voir Mahmoud Abbas démissionner, un pourcentage qui monte à 80% dans la bande de Gaza.

Et il faut bien admettre que la communauté internationale ne peut pas se permettre, aujourd’hui, de laisser de côté le problème que pose le fait que la Cisjordanie n’est pas gérée par un état digne de ce nom. Il appartient aux Etats européens de prendre, de toute urgence, ce problème en charge. Et il faut que chaque Etat européen intervienne auprès de l’ONU pour obtenir de cet organisme la décision qu’elle est seule à pouvoir prendre : créer un Etat démocratique dans le seul territoire capable d’accueillir un nouvel Etat, la CISJORDANIE.

Aujourd’hui, un nouvel évènement grave, vient confirmer l’urgence de la décision que le monde attend de lONU : les Etats-Unis ont déclaré, par une annonce publiée le 31 août 2018, leur intention d’arrêter leur participation au financement de l’UNRWA. On peut malheureusement en déduire que cet organisme soit aujourd’hui menacé dans son fonctionnement. Et cette menace concerne, à l’évidence, la survie des millions de résidents des camps de réfugiés palestiniens.

Aujourd’hui, plus que jamais, il appartient à l’ONU de décider la création de l’Etat de Cisjordanie. Et cette décision de l’ONU devra s’accompagner d’une déclaration annonçant la poursuite de l’activité de l’UNRWA, avec l’aide que cet organisme apporte aux réfugiés qui sont sous sa protection.

Pierre Marchou

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