Triste Congo.

Posted on 24 Déc 2016 | 0 comments


Oui, les habitants du Congo ont de quoi être tristes s’il leur arrive de lire l’article publié sous ce titre, dans le journal « Le Monde » daté du 24 décembre 2016.
Ce journal, je le lis depuis mon entrée à « Sciences Po », il y a , aujourd’hui, quelque cinquante années.

Il m’a un peu appris à observer ce qui se passe autour de moi. Et je l’en remercie.

Cela dit mon « merci » se teinte d’un peu de tristesse, depuis quelque temps.

Et l’article que je viens de lire aujourd’hui me donne, une fois de plus l’occasion de manifester cette tristesse.
Il mentionne, à juste titre, les crimes extrêmement graves commis par Joseph Kabila.
Il rappelle également que le Congo, qui compte 70 millions d’habitants, bénéficie d’un sol, et d’un sous-sol qui regorgent de richesse, alors qu’une très large majorité de la population souffre d’une « pauvreté endémique ». 

Ce même article note : « Les Congolais doivent se sentir bien seuls. Jusqu’à présent, les quelques sanctions ciblées prises par l’ONU, le Etats-Unis ou l’Union Européenne à l’encontre d’une poignée de personnalités de son entourage n’ont pas fait plier le Président Kabila. »
Et l’article poursuit : « On ne saurait lui donner tort . Ces derniers mois, pour ne parler que de cette partie du continent noir, les « hold up » électoraux organisés par les régimes en place au Gabon et au Congo-Brazzaville sont passés comme lettres à la poste. Au Cameroun, Paul Biya affiche trente quatre années de pouvoir. Paris, notamment, préfère détourner les yeux. Mais, en toile de fond de ces évènements tragiques, il y a toujours la même question : qui peut gouverner cet immense pays? Et comment? Il n’est pas impossible que Kabila parvienne à rétablir le calme par la force à Kinshasa et dans les villes de province en ébullition. Mais pour combien de temps?

Dans ce pays secoué par des guerres d’une horreur indicible dans les années 90, des groupes armés se réveillent et aggravent le chaos auquel semble abonnée une République Démocratique du Congo qui ne parvient décidément pas à décoller. Triste Congo. »

Cet article est triste, lui aussi.

Triste, parce qu’il décrit une situation désespérée sans envisager une réponse utile à cette situation, sans considérer que la dérive actuelle du Congo-Brazaville est susceptible d’être contrée par ceux qui ont le devoir d’agir. L’article du « Monde » les cite : l’ONU, les Etats-Unis, l’Union Européenne, ou encore la France. Mais c’est pour les déclarer (bien à tort) incapables d’agir!

Et l’article en question n’hésite pas à donner raison à ces différents spectateurs du désastre actuel lorsqu’ils sont amenés à constater comme inévitables « les hold-up électoraux organisés par les régimes en place au Gabon, au Congo-Brazzaville, ou encore au Cameroun, où Paul Biya affiche trente années de pouvoir. »

Non, il n’est pas question d’admettre que la communauté internationale renonce à agir pour éviter le désastre qui s’annonce au Congo.
Cette communauté internationale doit être rappelée à son devoir qui est de se mobiliser en faveur des peuples de notre monde. Et le poids que son action peut avoir pour améliorer le devenir de l’Afrique est considérable.

Qui doit participer à ce rappel? 

Eh bien tous ceux qui sont en mesure de la convaincre d’agir. Les responsables politiques, comme l’ensemble des citoyens qui portent leur regard sur le monde qui nous entoure.

Les journalistes en font partie. Y compris ceux qui écrivent dans « Le Monde »

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Pierre Marchou 

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