Est-ce que Vence et Jérusalem ont, aujourd’hui encore, quelque chose à se dire? Le dialogue se poursuit.

Posted on 18 Avr 2015 | 3 comments


Permettez-moi d’imaginer à nouveau un dialogue, ce 18 avril 2015, place du Grand-Jardin.

Je dis « imaginer », car il s’agit d’un dialogue où je mets ce que je souhaite, avec l’amour qui est le mien pour ces deux villes.
Je demande d’avance pardon à ceux qui pensent à un dialogue dont le contenu serait différent de celui que je propose. Je leur reconnais évidemment le droit de concevoir un dialogue différent entre Vence et Jérusalem, ces deux villes qu’ils ont, comme moi, le droit d’aimer sincèrement.

Voici le dialogue que je propose.

Vence  :  Bonjour mon amie. Comment vas-tu ?

Jérusalem :  Cela pourrait aller mieux. Tu es au courant de ce qui se passe chez moi, depuis un certain temps ?

Vence  :  Oui, tous ces attentats, toutes ces victimes innocentes… Je dois te dire que, d’une certaine façon, je me sens responsable.

Jérusalem :  C’est gentil, ce que tu me dis là. Alors, explique moi. En quoi tu te vois responsable des malheurs qui m’arrivent?

Vence : Eh bien, je vais te soumettre mon point de vue. Et, crois-moi, je tiendrai compte du tien.

Jérusalem :  Je t’écoute. Tu m’as toujours dit que je suis chez moi, Place du Grand Jardin.

Vence  :  C’est bien vrai. Le Grand Jardin est notre Jardin à tous.

Jérusalem :  Comme le monde est notre monde…

Vence  :  C’est ce que je ressens aussi. Et il se trouve que notre monde, est, d’une certaine façon, placé sous la responsabilité de l’Organisation des Nations Unies. Comme tu le sais, Israël fait partie de cette Organisation, et la France également. En tant que Français, c’est-à-dire en qualité de citoyen d’un pays membre de l’O N U, je me sens concerné par ce que je ressens comme une grave inaction de cette institution dans le cadre de ce qu’on appelle le « conflit israélo-palestinien ».

Jérusalem :   Quelle est cette « grave inaction » dont tu parles?

Vence  :  Le 29 novembre 1947, l’Assemblée Générale de l’O N U votait la Décision 221 qui prévoyait, comme tu le sais, la création de deux Etats, l’un pour les Juifs, l’autre pour les Arabes. Le premier de ces Etats existe: c’est Israël. Le second n’existe toujours pas : La Palestine.

Jérusalem :  Et tu te sens responsable de cette situation?

Vence  :  Oui. Même si cela peut paraître prétentieux.

Jérusalem :  Explique toi.

Vence :  Pendant des décennies, la communauté internationale, avec à sa tête les Etats-Unis, a fait semblant de penser que la réalisation d’un Etat Palestinien devait être opérée par les premiers intéressés, à savoir les Israéliens et les Palestiniens. Or l’histoire des 70 dernières années montre bien que les premiers intéressés ne sont pas en mesure de régler ce problème, justement, sans doute, parce qu’ils sont les premiers intéressés.

Jérusalem :   Il est vrai, par exemple, que l’on peut s’interroger sur la déclaration de Benjamin Netanyaou, exprimée à la veille des récentes élections législatives en Israël, déclaration selon laquelle il est désormais contre la création d’un Etat Palestinien. S’agissait-il d’une manœuvre électorale contre l’ « Union sioniste » qui proposait une avancée vers la réalisation de cet Etat Palestinien? En fait, il s’agissait, plutôt, d’une manœuvre en faveur de la majorité de droite que Netanyaou dirigeait, et avec laquelle il a finalement gagné, semble-t-il ces élections.

Vence : Il est permis de penser que Netanyaou est prisonnier, d’une certaine façon, de la majorité qu’il est censé diriger.

Jérusalem : On peut craindre aussi que le Président Obama est , d’une certaine façon, prisonnier de la majorité républicaine au Congrès américain.

Vence :  Ce qui expliquerait peut-être la position des Etats-Unis qui consistait jusqu’ici à éviter d’intervenir, sous le prétexte de laisser les seuls Israéliens et Palestiniens en charge de la création de l’Etat Palestinien.

Jérusalem :  Tu penses donc que seule l’O N U est en mesure de gérer utilement cet important problème.

Vence  :  Oui.  Et c’est là que je me reproche de ne pas avoir éprouvé plus tôt le besoin de travailler en faveur d’une intervention de l’O N U. Elle est seule à disposer des moyens politique, juridique, et, au besoin, militaire, pour gérer démocratiquement la mise sur pied d’un Etat Palestinien.

Jérusalem : Tu sais l’amitié qui est la mienne, et le respect que j’ai pour toi. Permet-moi cette question : qu’est-ce que Vence peut faire à ce sujet?

Vence  : Ta question est parfaitement normale. Et notre amitié m’impose une réponse franche. La tâche est difficile, mais Vence peut se faire entendre. Et ma petite ville attend de sa grande amie, Jérusalem, une aide qui peut s’avérer utile. La création d’un Etat Palestinien est nécessaire pour créer un espace qui permette de vivre dignement à plus de cinq millions de palestiniens qui sont, jusqu’ici enfermés, dans leur majorité, dans des camps de réfugiés , ou menacés, en Cis-jordanie par la colonisation progressive de ce territoires par les implantations israéliennes.

Et cette création d’un Etat Palestinien est aussi la condition première de la sécurité d’Israël. Comment imaginer, en effet, que cinq millions d’êtres humains, si on les prive du sol auquel ils ont droit, ne deviennent l’objet, et l’arme, de ceux qui travaillent, dans cette région, et ailleurs, à la guerre et à la destruction de nos sociétés?

Jérusalem :   Oui, cette menace est là sous nos yeux.

Vence :  Elle concerne Vence, tout autant que Jérusalem.

 

Pierre Marchou

3 Comments

  1. Merci de faire vivre ce message de paix et d’espoir.
    Merci de défendre l’idée qu’une guerre, qu’une colonisation ne peut préparer la paix.
    Merci de défendre le dialogue et le respect des engagements contre les dérobades.

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  2. Oui beau message et bien vivant comme dialogue entre Vence et Jérusalem, à diffuser sans modération, bravo

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    • Je ne vois pas l’ONU faire quoique ce soit mais surtout avec quelle armée ? L’EUROPE n’est pas une puissance militaire et l’intégration à l’OTAN n’en a fait que des supplétifs des USA .C’est là-bas que tout se joue entre républicains et le vote juif . ….A moins que des Hommes exceptionnels surgissent des deux côtés au même moment ….ou si Israel fait l’erreur d’attaquer les centrales Iraniennes….ou si l’Iran reconnait Israel ….ou si les désavantages de cette situation deviennent trop importants en Israel .Si l’ONU nomme une personnalité comme Dag Hammarskjöld……. pourquoi pas ..!!!
      Il faut une conjoncture des astres qui doit venir car les situations sont explosives et pas seulement entre juifs et palestiniens .
      Marcel

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