De Vence à Copenhague

Posted on 21 Déc 2009 | 0 comments


De Vence à Copenhague.

Toutes proportions gardées, on peut faire un rapprochement entre, d’une part, le problème mondial posé par le besoin de lutter contre le réchauffement de notre planète et, d’autre part, le problème local (mais cependant respectable) qui résulte de la nécessité de créer, dans les trois ans qui viennent, un second collège susceptible d’accueillir les enfants de Vence.

Le rapprochement auquel je me livre ici a de quoi faire sourire. Et pourtant, il mérite peut-être qu’on y réfléchisse…

Voici les points de convergence que je relève entre les deux problèmes posés :

– Dans les deux cas, le besoin est réel et démontré : le monde est menacé dans sa survie par la mauvaise gestion du gaz carbonique (Co 2) qu’il produit. Vence, de son côté, ne sera plus en mesure, dans les trois ans qui viennent, d’accueillir convenablement ses enfants en âge de fréquenter un collège. Le seul collège existant, celui de La Sine, est déjà en sureffectif.

– Dans les deux cas la réponse au besoin à satisfaire existe : pour lutter contre le réchauffement de la planète, l’ensemble des états doit coordonner les mesures qui permettront de faire baisser la quantité de Co 2 produite. Pour ce qui est de Vence, un terrain avait été choisi par la précédente municipalité au quartier de Vosgelade. Ce terrain avait rencontré l’agrément du constructeur du collège (le département) à la suite d’une enquête d’utilité publique confirmant la pertinence de ce choix.

– Dans les deux cas des résistances se sont manifestées : à Copenhague, les mesures envisagées n’ont pas fait l’unanimité, compte tenu de points de vue divergents qui résultent des différences structurelles qui se manifestent entre les différents pays du monde. A Vence, le choix du terrain proposé au départ par la précédente municipalité n’a pas fait l’unanimité. Les propriétaires de ce terrain avaient en effet d’autres projets personnels pour ce terrain, ce qui est d’ailleurs parfaitement légitime. Il se trouve que la question s’est posée à la veille des dernières élections municipales. Le choix du terrain a fait l’objet d’un débat entre les divers candidats à ces élections. Le candidat qui épousait, entre autres choses, la position des propriétaires du terrain a été élu . Il s’en est suivi l’abandon du projet initial de construction de ce collège.

– Dans les deux cas, les résistances qui se sont manifestées peuvent se comprendre : convaincre les habitants d’un pays en voie de développement de renoncer à un projet créateur de richesses et d’emplois au motif que ce projet entraînerait une trop forte augmentation de Co2 n’est pas une tâche facile. De la même façon, il n’est pas évident, à Vence, d’invoquer la nécessité de scolariser un certain nombre d’enfants pour convaincre le propriétaire d’un terrain de renoncer à y construire une maison pour ses propres enfants…

– Dans les deux cas, ces résistances, certes compréhensibles, ont un effet regrettable : au niveau de la planète, laisser libre cours à son réchauffement, et, au niveau de notre modeste commune, faire en sorte que l’on ne pourra pas répondre, dans trois ans, à la nécessité de scolariser convenablement un certain nombre de nos enfants. On constate en effet que le nouveau terrain proposé au quartier de La Ferrage par l’actuelle municipalité, ne fait pas, non plus, l’unanimité.

– Dans les deux cas, on peut bien sûr, penser qu’une solution convenable pourra, dans l’avenir, être trouvée en réponse au problème posé. Mais, dans les deux cas, on perd du temps. Et ce temps perdu aura un coût. Pour l’avenir de notre planète. Pour l’avenir d’un certain nombre de petits vençois.

Plus je regarde autour de moi, plus je pense que tout se tient. Le mondial, et le local. Le pluriel, et le singulier.

Pierre Marchou

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