Construire nos « Alpes-Maritimes » : un destin qui nous concerne tous !

Posted on 8 Mai 2009 | 0 comments


            « Le centre extrême de chacun de nous, il ne se trouve pas au terme d’une trajectoire solitaire et divergente, mais il coïncide (sans se confondre) avec le point de convergence d’une Multitude humaine tendue, réfléchie, et unanimisée, librement sur elle-même. »

         « De par la structure même de l’Univers, nous sommes forcés, condamnés (pour devenir pleinement vivants) à nous unifier. » 

Pierre Teilhard de Chardin.   » La place de l’homme dans la nature. »  1956 (Albin Michel) .  

La marque des hommes, notre département des Alpes-Maritimes la porte de façon complexe. A Saint-Paul-de-Vence, la géométrie tranquille des murettes gallo-romaines ne s’offusque pas des lignes bellement affirmées de la Fondation Maeght. A Nice, la « Tête carrée » de Sosno n’agresse nullement les façades « Renaissance» de la toute proche  place Saint-François. A Entrevaux, les fortifications de Vauban célèbrent magnifiquement le confluent de deux torrents de montagne. 

Ce pays que l’on croit souvent étouffé par un littoral largement bétonné, « banlieusardisé » par le foisonnement des pavillons de style néo-provençal, il suffit qu’on le survole un moment pour y redécouvrir une nature intacte. Entre la mer qui sait rester ce qu’elle est, et la montagne que l’on ne grignote pas facilement, l’action de l’homme s’est manifestée dans toute sa lourdeur, mais aussi dans toute sa grâce. La beauté des sites, la juxtaposition paradoxale de l’ancien et du moderne, le commerce toujours renouvelé de la couleur locale avec le folklore international, les grands chantiers qui s’annoncent, sont autant de raisons de s’intéresser au devenir de ce beau département 06. Il a d’ores et déjà le pouvoir de nous suggérer, par ce qu’il est aujourd’hui, ce qu’il peut devenir demain. Non pas une Métropolis concentrationnaire, ni une banlieue  sans saveur, mais un lieu de vie exemplaire, installé dans notre magnifique cadre naturel, entre mer et montagne.

 Comme chacun le sait, en matière de construction, nombreux sont ceux qui ont des décisions à prendre. Et ces décisions sont complexes puisqu’elles intéressent les collectivités publiques (Etat, Région, Département, Communautés d’agglomérations, Communes), mais aussi les acteurs économiques (promoteurs publics et privés), et enfin de nombreux particuliers, qui sont concernés personnellement, dans leurs intérêts professionnels et patrimoniaux, par ce qui va être construit. La prise en compte de ces différents points de vue doit pouvoir déboucher, au prix certes d’une large et patiente concertation, sur la définition d’actions utiles pour l’ensemble des habitants du « 06 » de demain. 

Mais il y a une autre condition à la réussite de notre devenir : c’est la beauté et la pertinence de ce qui sera réalisé. Il s’agit là d’un point essentiel. Notre lieu de vie ne peut pas se contenter d’une réponse positive à la nécessité de marier l’intérêt général aux intérêts particuliers, pas plus qu’il ne peut se borner à satisfaire aux exigences du développement durable et au respect de la nature environnante. Un travail de création est nécessaire, qui rendra évidente aux yeux de tous,  la réussite de ce qui sera construit. Il y a là quelque chose à inventer. Il faut, ici, bénéficier de l’apport de créateurs de grande qualité, dans le domaine de l’urbanisme et de l’architecture. 

A ce propos, référons-nous un instant à notre patrimoine construit, d’hier à aujourd’hui : nos cathédrales, comme  Sainte Réparate de Nice,  nos châteaux-forts comme le Fort Carré d’Antibes, nos demeures princières comme le Palais Lascaris, nos grands hôtels comme le Négresco, nos lieux de fêtes, comme le Palais des Festivals sur la Croisette ou le Palais de la Méditerranée sur la Promenade des Anglais, nos musées comme le M A M A C à Nice…  Chaque fois l’acte de construire a été une réussite en soi, illustrant aux yeux de tous la légitimité d’une fonction (religieuse, militaire, politique, culturelle, touristique, etc…) clairement utile, à un moment ou à un autre, pour l’ensemble de la collectivité. Devant chacun de ces bâtiments, on ressent encore un sentiment fait de « surprise et d’émotion », pour reprendre les deux termes par lesquels Niemeyer, l’architecte de Brasilia, définissait l’architecture. 

Il faut toutefois admettre que l’acte de construire, même s’il est de qualité, ne rencontre pas toujours une adhésion immédiate. Henri Matisse, lorsqu’il a réalisé sa chapelle à Vence, en 1951, n’a pas, à l’époque, soulevé l’enthousiasme de ses concitoyens, malgré la grande notoriété qui était pourtant la sienne. Justice lui a été rendue depuis,  Dieu merci… 

En fait, une question se pose que l’on ne saurait éluder : pouvons-nous, aujourd’hui,  avoir la certitude de ce que la majorité des décideurs politiques, ainsi que la majorité des citoyens, sont conscients de l’enjeu majeur que constitue la qualité de l’acte de construire ? Est-il permis de penser que ces décideurs, et ces citoyens, sont en mesure d’apprécier la qualité d’un projet de construction ? 

Il est raisonnable de mettre ces questions à l’étude, sans pessimisme, ni sans optimisme excessifs. C’est la raison pour laquelle tous ceux qui se sentent concernés par l’importance de cet enjeu, qu’ils soient ou non professionnels de la construction, devraient mettre en commun leurs réflexions, et, pourquoi pas, leur désir d’agir, pour encrer dans les esprits l’importance majeure de la qualité dans l’acte de construire.

 Voilà l’un des objets du site, « 06demain ».

Mais le devenir de notre département passe bien entendu par bien d’autres enjeux, bien d’autres interrogations, bien d’autres projets. Si nous portons toute notre attention, et tout notre intérêt au 06, et au « demain » de ce département, nous avons bien entendu, aussi, une tendresse particulière pour notre ville de Vence. Comme le 06, elle est, également, en devenir. Et nous nous sentons profondément concernés par ce devenir. 

Vous venez d’ouvrir ce site. Je serais heureux que vous vouliez bien y participer, en nous adressant vos remarques, vos suggestions, vos projets, et, pourquoi pas, ce dont vous rêvez pour notre «petite patrie ». 

Bien cordialement.         

                                               Pierre Marchou       

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