Arrêtons le massacre!

Posted on 13 Juil 2014 | 4 comments


11 juillet 2014.

En suivant les nouvelles des derniers évènements en Israël-Palestine, j’ai le sentiment d’assister à un jeu de massacre.
D’un coté, un acte immonde : l’assassinat, en juin dernier, de trois jeunes Israéliens, kidnappés sur une route de Cisjordanie. D’un autre coté, l’assassinat, tout aussi immonde, quelques jours plus tard, d’un jeune Palestinien, dans la proche banlieue de Jérusalem.

Puis, dans un enchaînement dont on ne peut ignorer la même logique ignoble, une succession d’envois de « scuds » tirés par des terroristes palestiniens qui gardent l’anonymat, vers les villes d’Israël, auxquels répondent des bombardements de l’armée israélienne sur les villes de Gaza. Cela donne peu de victimes dans les villes israéliennes, protégées par le « iron dome » israélien, et plus de cent morts chez les habitants des villes de la zone de Gaza.

« Chacun se défend comme il peut », va-t-on me dire…
Mais j’ai la naïveté de rétorquer : « Est-ce une bonne défense que de répondre à un assassinat par un autre assassinat, et à un bombardement par un autre bombardement? »

Selon l’édition de ce vendredi 11 juillet 2014 du journal « Haaretz », de Jérusalem, le Président Ban Ki-moon, lors de la réunion du Conseil de Sécurité de l’O N U en date du 10 juillet 2014, a déploré la difficulté de rétablir un cessez-le-feu pour arrêter les graves violences qui se manifestent actuellement en Israël. Il a déclaré: « Les habitants de Gaza sont « piégés » entre le comportement irresponsable du Hamas et les attaques israéliennes. »
Le représentant palestinien à la même réunion du Conseil de Sécurité, Riyad Mansour, a demandé au Conseil d’arrêter le « carnage ».
Présent, lui aussi, à cette même réunion, l’ambassadeur israélien Ron Prosor, brandissant son « i-phone », a déclaré à Ban Ki-moon : « Monsieur le Président, depuis le début de votre présente intervention, 5 roquettes ont été lancées depuis Gaza vers Israël , et l’une d’elles à touché une maison. » Dans une conférence de presse qui a suivi la réunion, Ron Prosor a indiqué : « Israël ne demande pas un cessez-le-feu. Israël veut que l’infrastructure organisée par le Hamas pour lancer des missiles soit détruite. »

Ce que l’on peut retenir de ce qui vient d’être noté, c’est que les bombardements israéliens sont décidés par un gouvernement bien identifié, Israël, qui en assume publiquement la responsabilité. L’envoi des « scuds » contre les villes d’Israël relève, pour sa part, de décisions prises par des gens qui agissent dans l’ombre.
D’un coté une agression clairement reconnue. D’un autre coté, une agression dont les auteurs semblent incontrôlables. Dans un cas comme dans l’autre, il s’agit, hélas, de semer la mort.

L’  »Autorité Nationale Palestinienne », créée en 1994 dans le cadre de ce qu’on a appelé les « Accords d’Oslo » était, lors de sa création, une autorité provisoire, ayant la charge de mener des négociations avec Israël et la fonction de gouverner les secteurs de la rive ouest du Jourdain et le territoire de Gaza, pour la période où se dérouleraient les négociations. Il est évident que cette période préparatoire ne pouvait pas offrir aux habitants de l’ensemble de la région les garanties qui devaient, par la suite, être assurées par l’Etat Palestinien qui restait à créer.

Malheureusement , cette situation provisoire dure encore aujourd’hui, dans la mesure où la création de l’Etat Palestinien, qui devait lui apporter un terme, se fait encore attendre.
Et les évènements qui, depuis 20 ans, font obstacle à cette création, ressemblent à ce qui vient de se passer depuis ces 20 derniers jours : il s’agit, chaque fois, d’une violence exercée par des gens plus ou moins incontrôlés, animés par la claire intention de cultiver la haine et capables de commettre des crimes, dans le but de faire obstacle au processus susceptible d’amener la paix.
Cette paix suppose la création d’un état souverain : l’Etat Palestinien. Cet état souverain serait maître chez lui. Et, dans ce cas, il serait possible de lui demander des comptes, en cas de difficulté.
Ce n’est pas le cas aujourd’hui. Comment, en effet, demander à l’Autorité Palestinienne de mettre fin à l’envoi de « scuds » contre Israël alors que cette institution n’a pas la maîtrise du territoire qu’elle est censée gouverner. Il faut bien voir en effet que l’Autorité Palestinienne partage le pouvoir avec une puissance occupante, l’armée israélienne, qui exerce très officiellement son autorité sur les zones « B » et « C » de la Cisjordanie, en fonction des accords d’Oslo. Cette confrontation entre deux autorités hostiles l’une vis-à-vis de l’autre ne peut que favoriser des actes subversifs, voire destructeurs.

Cela dit, il faut bien reconnaître que cette analyse que je viens de faire, bien d’autres l’ont déjà faite avant moi.
On peut dès lors s’interroger sur les raisons de l’inaction de ceux qui, sur le plan international, détiendraient un certain pouvoir pour mettre fin à ce processus de haine auquel nous assistons. Processus dont il n’est sans doute pas exagéré de dire qu’il est susceptible de déclencher un conflit susceptible de menacer la paix mondiale.
On peut, notamment, se demander pourquoi l’O N U n’a pas pris directement en charge ce problème. Elle seule, en effet, est légitimement responsable du devenir du monde. Elle seule est en mesure de mettre en œuvre les moyens militaires et financiers qui pourraient se révéler indispensables pour mener à bien la création de l’Etat Palestinien. Création qu’elle a, elle-même, décidée, en 1947, en même temps que la création d’un Etat Juif.
Sans trop nous attarder sur les causes de cette relative inaction de l’O N U, peut-être devons-nous songer à intervenir auprès de nos gouvernants – locaux, nationaux, et européens – pour leur indiquer qu’une intervention auprès de l’O N U en faveur de la paix à Jérusalem est plus que souhaitable. Il y va, en effet, de la paix dans le monde, cette paix dont nous avons tous besoin.

Oui, nous n’avons pas le droit de rester indifférents au spectacle de ce jeu de massacre qui se déroule sous nos yeux. Je me permets de proposer à ceux qui partageraient ce sentiment de bien vouloir m’écrire, à l’adresse de ce blog, afin d’envisager ensemble, ne serait-ce que sur le plan local, comment faire quelque chose en faveur de la paix en Israël/Palestine. Face aux informations qui nous assaillent, mieux vaut tenter une action, si modeste soit-elle, que de se contenter d’un rôle de spectateurs résignés.

Pierre Marchou

4 Comments

  1. Bonjour;
    Quoi que c’est dur à admettre mais c’est la réalité amère, Israël ne veut pas la paix comme l’a si bien confirmé le défunt Stéphane Hessel ( Ancien ambassadeur de
    France en Israël). l’humanité va encore souffrir…. et Gaza va encore compter ses innocents.

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  2. Bonjour Pierre
    Bien entendu, je suis tout à fait prêt à aider toutes les initiatives poyur la paix au Proche Orient qui passe à mes yeux comme tu le sais par un arrêt des politiques natalistes israéliennes et palestiniennes

    Cordialement

    Patrice

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  3. Merci pour ces informations bien précises et oh combien qui nous blessent le coeur, seule chose qui reste à faire, continuer de s’informer,garder les contacts précieux avec nos proches et amis (Israël et Palestiniens) et aussi prier car la seule vraie source de paix est Dieu. , nous avons eu la joie de prier pour la paix hier soir à la salle de prière de Vence avec nos frères musulmans

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  4. la solution est régionale avec l’Iran a qui il faut faire jouer un rôle moteur car tout le moyen-orient est actuellement déstabilisé par les sunnites extrémistes soutenus par ceux du golf à qui nous n’arretons pas de demander du cash .La reconnaissance d’Israël par l’Iran sera le grand pas car la déstabilisation de L’Irak par les sunnites est son grand problème .J’arrète là le café du commerce et suis ouvert , Pierre, à toute initiative de ta part . Amitié Marcel

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