Que faire des migrants?

Posted on 13 Juil 2016 | 1 comment


J’éprouve le besoin de reprendre à nouveau un texte de Jacques Attali, dans son livre « Demain, qui gouvernera le monde? »:

« Si l’humanité n’a pas conscience d’elle-même, ni de claire raison d’être à ses propres yeux, elle ne pourra nourrir aucun respect pour elle-même, elle ne pourra pas s’organiser, et, elle risque de devenir son pire ennemi : c’est par elle-même, on l’a vu, qu’elle pourrait le plus aisément être détruite dans une sorte de suicide inconscient. »

Pour ma part, je suis tenté de penser que la décision des pays qui refusent d’accueillir les migrants qui se pressent à leurs frontières constitue ce « suicide inconscient » dont parle Jacques Attali.

Ces « migrants », qu’ils soient parqués en Turquie, comme c’est le cas, aujourd’hui, de plusieurs millions d’entre eux, où qu’ils croupissent dans les centres d’accueil plus ou moins improvisés aux frontières de la plupart des états européens, posent un problème qui menace la paix  de notre monde.

Les nombreux pays concernés par ce problème doivent tenter de lui trouver une solution. Elle existe, si l’ensemble des pays concernés, à savoir les pays dits « développés » se mettent d’accord sur des zones qui, dans le monde, seraient capables d’accueillir les « migrants » et susceptibles de bénéficier d’investissements qui permettent de créer des emplois dans ces mêmes zones.

Et il convient de noter à ce sujet que, partout dans le monde, une menace pèse sur les offres d »emploi. Et cette menace ne résulte pas, contrairement à ce que prétendent certains observateurs de l’arrivée éventuelle de migrants sur le marché du travail des pays développés. Dans l’avenir de ces pays développés, le nombre des emplois est bien plutôt menacé par le progrès des activités automatiques. A titre d’exemple, on peut retenir le résultat d’une étude qui porte, aux Etats-Unis, sur les emplois liés à une activité automobile : 10% de ces emplois sont voués à disparaître lorsque se développera, dans les années qui viennent, la conduite automatique des véhicules.

En d’autres termes, les hommes, dans l’avenir, seront moins mobilisés par les tâche, certes honorables, qui leur permettent de répondre à leurs besoins présents.

Souhaitons qu’ils aient plus de temps pour soigner leur avenir.

Et leur avenir, c’est qu’ils trouvent le moyen de gérer en pleine entente les problèmes de notre monde – dont celui que posent les migrants – de façon à éviter  le « suicide inconscient » qui nous menace. Car il serait suicidaire, en effet, pour les hommes que nous sommes, de ne pas prendre en charge ceux que nous voyons mourir de faim.

Pierre Marchou

1 Comment

  1. Tout à fait d’accord avec vous, Pierre. Renvoyer les migrants chez les voisins ou pire, chez eux, c’est mener une politique de l’autruche. Faire de la politique c’est gérer et gérer c’est anticiper, envisager l’avenir, non pas tenter vainement de panser des plaies ou d’ériger de vaines et indécentes barrières.

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