Cyril Mendjisky emménage.

Posted on 17 Mai 2014 | 0 comments


Hier, 16 mai 2014, Cyril Mendjisky inaugurait son nouvel atelier à Saint-Paul, route de Vence.
Je me suis senti personnellement concerné par cet évènement.

D’abord, parce que Cyril est mon ami. Au surplus, une chèvre en bronze, créée de ses mains, habite mon jardin.

Mais aussi, parce que la bénédiction de l’atelier, prononcée à la demande de Cyril, par le Frère Yves-Marie Lequin, Aumônier des artistes pour le Diocèse de Nice, m’a directement interpellé.

Cette bénédiction était précédée d’une brève lecture extraite du début de la Genèse qui se termine ainsi: « Elohim bénit le jour septième, il le consacre : oui, en lui il chôme de tout son ouvrage qu’Elohim crée pour faire ». ( Genèse II, verset 3, dans la traduction d’André Chouraqui).

Ces derniers mots , « pour faire », « laassot » en hébreu, je me permets de les traduire à ma façon, en proposant : « pour que l’homme fasse ». Car je ne peux me résoudre à l’idée que Dieu bénirait le septième jour parce que, ce jour-là, il se serait seulement arrêté de « faire ». Non, j’ai le besoin de croire que Dieu, le septième jour, s’est arrêté de « faire », pour que l’homme prenne le relais de la création.

Et je pense que chaque artiste, à sa manière, est invité à prendre ce relais. Et là, je ne crois pas être très loin de ce qu’a dit le Frère Lequin.

Dans la grotte superbe où Cyril vient d’emménager, ses œuvres expriment la beauté du monde.

Pour ma part, je la vois tous les jours, cette beauté du monde, grâce à Cyril, et grâce à mes propres yeux, en regardant tout ce qui m’entoure, entre ciel, terre, et mer.

Mais ce n’est pas facile de la vivre, cette beauté, car mon regard porte, non seulement sur elle, qui me donne envie de vivre, mais en même temps sur les tristesses du monde, que j’ai aussi sous les yeux, et qui me donnent la même envie de vivre, mais là, pour me battre.

Contempler la beauté du monde, et, au besoin, me battre pour défendre ce monde, tels sont, peut-être, les deux besoins que je partage, sans être moi-même un artiste, avec Cyril Mendjisky.

Voilà ce que je me disais, sans lui en avoir parlé, en quittant la belle fête qui inaugurait son nouveau repère, à Saint-Paul.

Merci à lui, au Frère Yves-Marie Lequin et à Nivese, la grande artiste de l' »Ecole de Nice », qui a « fait », au sens plein du terme, l’aube magnifique que portait ce prêtre.

Pierre Marchou

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